Inforigolo
Ramer c'est avancer, mais avancer c'est pas ramer!
Infosondage
Etalement des paiements place de port sans frais vous êtes
Résultats  Anciens sondages
  • Votes : 920
  • Commentaire(s) : 3
Nos vidéos

Publiée le 18-01-2020

Etre informé

Recevez par mail les nouveautés du site.

Géolocalisation des navires
Faire un Don
Vous aimez le site et désirez le soutenir financièrement.
Les bateaux du Cap
Vus en croisière
Photothèque
Photos du passé
Réseaux sociaux

Interviews : Les coches d'eau



 

Qui n’a pas vu en se promenant sur les quais ou en navigant dans le port, les coches d’eau ?

Ils sont fondus dans le paysage du Cap depuis maintenant 31 ans. Et s’ils offrent aux touristes des promenades agréables par des navettes régulières, ils font aussi fonction de service public de transport avec 1600 abonnés !

Le Patron est un homme courtois et avenant qui me reçoit à son bord avec chaleur et sympathie. Il est bien connu dans la station et regrette de ne pouvoir davantage s’investir dans la vie associative car très pris par son travail. Parisien d’origine et imprimeur de formation, M. HERY Michel n’avait pas du tout la vocation et l’âme d’un marin.

Concurrencé par l’informatique dans son métier, il a choisi alors une autre direction, l’appel du large.. Pas tout à fait quand même…C’est à Port-Grimaud qu’il se fit la main sur les coches d’eau de son frère cadet. Notre nouveau Capitaine Héry en retirât une énorme expérience quand on connaît l’étroitesse des chenaux et des ponts de ce port hors du commun !

M. Héry eut le flair de se laisser tenter par le Cap et surtout par la magnifique réalisation de tous les plans d’eau, ports et chenaux qu’on doit à l’architecte-navigateur M. Lecouteur.. C’était en 1975, et notre jeune stagiaire de Port-Grimaud n’a pas eu peur de se lancer dans une aventure de pionnier. Et on peut dire tout simplement qu’il a bien réussi puisque aujourd’hui, sa flotte est constituée de trois bateaux magnifiques, conçus dans un confort total avec vue panoramique et, ce qui ne gâte rien, reluisants de propreté.

 

Je questionne donc notre homme qui s’installe à son poste de commande, derrière sa barre à roue. Il me répond avec la foi de ceux qui adorent leur travail. Et j’apprends que : En haute saison, ce sont six hommes et femmes d’équipage qui sont sur les ponts, au service des 51 passagers par bateau. Ces bateaux sont construits selon les plans d’un architecte naval vendéen, Laurent Fourré un spécialiste des chantiers pour écoles de voile et qui a même ouvert un chantier naval en Chine.

Les coques sont en aluminium spécial peu vulnérable à l’électrolyse.. Des capteurs et des alertes préviennent toute anomalie éventuelle. Une affaire rondement menée donc avec , il faut bien en parler, même si on les voit pas, de puissants moteurs diesel de 87 CV avec un couple élevé. Car, on ne leur demande pas d’aller vite (3 nœuds en vitesse de croisière), mais de tourner longtemps et sûrement.

Ces braves moteurs sont discrets, sobres (six litres gazole/heure) et font quand même 1500 heures par an. «Ils sont bons pour la réforme, tous les quatre ans » .m’annonce M. Héry . « Mais, je suis sûr qu’ils peuvent poursuivre une autre carrière sans problèmes » poursuit-il.. C’est vrai, qu’avec un tel régime et un entretien sans faille (vidange toutes les 400 heures), ces moteurs restent une bonne affaire en seconde main. Je suis obligé d’écourter l’entretien car M. Héry seul maître à bord, est quand même assujetti à des horaires précis.

En effet, d’un coup d’index discret, il a déjà, fait ronronner les puissants moteurs….. «Une dernière question, Capitaine Héry , avant d’attaquer votre circuit de 8 kms et vos 8 stations , que craignez-vous dans le Port ? » « Pas grand chose, si ce n’est le Grec !! » « En effet, m’explique-t-il, la montée des eaux rend bien souvent mes protections décalées par rapport aux protections fixes de la terre ferme, et c’est le cas aujourd’hui ! » « Et vos relations avec les plaisanciers ? » « Excellente, on se salue comme des gens de mer !

Certains, au début, détournent la tête mais après, ce sont eux qui me saluent en premier ! » « Et vos relations avec les pêcheurs, et ce sera ma dernière question, M. Héry ! » « J’ai eu quelques problèmes avec des pêcheurs aux lancers, mais ils ont vite compris que mes hélices à quatre pales ne leur feront aucun cadeau ! ».. et de poursuivre : » Une anecdote de triste mémoire, lors d’un départ du quai, un passager a pris un hameçon venu de nulle part et qui a disparu dans ses chairs.

Encore un pêcheur inconscient...Heureusement que le Docteur n’était pas trop loin. » « Et pour finir, le gag qui a fait tordre de rire tous les passagers : à Port Saint-Martin, j’ai emporté une ligne complète…avec la canne. Le pêcheur l’avait laissée à sa fenêtre et il faisait une drôle de tête, croyez-moi ! » On a dépassé l’heure de départ de quelques minutes.

M. Héry, s’excuse auprès des quelques passagers avec sa bonne humeur coutumière et annonce en riant que c’est à cause du journaliste (que je ne suis pas !!). Il largue les amarres et voilà notre coche d’eau parti pour un périple de 40 minutes au cœur des ports du Cap d’Agde.

Bon vent M. Héry et merci de votre aimable collaboration !

De notre correspondant Henri Geoffroy
redactionredaction Publié le : Mardi 07 novembre 2006